L’esprit Software Craftsmanship – Partie 1

Software Craftsmanship

swcraftmanship

Nous pouvons lire le titre de Software Craftsman et notre implication dans des événements de Software Craftsmanship un peu partout sur notre blog ainsi que sur notre site. Cependant, suite à la remarque d’un ami me demandant ce que c’était, j’ai remarqué que ce n’était pas forcément clair.

Retours aux sources

Approche de développement initialement venue des U.S, elle met en avant les compétences des développeurs. Elle se veut de responsabiliser le développement ainsi que de produire le code le plus propre possible.
Un des enjeux du software craftsmanship est de lutter contre les mauvaises manies telles que les priorisations financières poussant à produire le plus rapidement possible du code, laissant de côté la qualité inhérente, par exemple, en repoussant la partie testing.

Le mouvement d’artisanat du logiciel place le logiciel au centre. Il voit le développement du logiciel comme un art. Le développement effectué doit résoudre les demandes du client, d’un point de vue technique et fonctionnel bien sûr mais il doit également pouvoir être viable sur le long terme.

Pour cela, la solution doit avoir un taux de bug avoisinant les 0% et doit pouvoir être remaniée pour des évolutions futures. Pour cela, rien n’est mieux que le Test Driven Development, permettant d’avoir un code testé, avec une couverture de code de 100% mais permettant également de s’assurer que le code est remaniable en le refactorisant.

Ainsi la philosophie du software craftsmanship veut que l’on y mette du sien lorsque l’on développe, que le développeur cherche la qualité et voit sur le long terme, afin d’éviter au maximum le legacy code futur.

En outre, l’artisanat du logiciel prône la culture du développement plus qu’un ensemble de pratiques à mettre en œuvre. Cependant elle reconnaît et recommande fortement un bon nombre de techniques, dont pas mal sont empruntées à Extreme Programming.

Objectifs

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Le chemin vers la qualité est-il unique ? (Part 2 : la Production)

le chemin

Nous avons vu précédemment qu’il n’existait pas de méthodologie parfaite (agile ou non). Que nos besoins en tant qu’unité (équipe, société ou individu) allaient dicter les méthodologies que nous voulons ou pouvons suivre.

A présent, que se passe-t-il lorsque nous produisons ? Comment organiser notre travail effectif afin d’atteindre un niveau de qualité le plus élevé possible ?

Là où les méthodologies peuvent parfois s’arrêter, certaines nous donnent des clés pour améliorer notre code en plus de notre façon de travailler. Et comme le nombre de méthodologies, il est aisé de crouler sous le nombre de « bonnes pratiques » et finalement ne pas savoir par quoi commencer. Voire de s’y perdre et de ne rien faire du tout.

Ici aussi, y a-t-il une bonne méthode à appliquer ?

En plus de notre expérience, deux conférences de Paris Web peuvent nous aiguiller dans cette réflexion.

Tout d’abord, « Code de qualité : ce qu’il faut savoir«  par Julien Wajsberg et Anthony Ricaud et « 100 % de revue de code«  par Agnès Haasser.

 

Quels outils sont utilisés, pourquoi et comment sont-ils intégrés ?

La revue de code est le point commun entre ces deux conférences. Et à raison : cette pratique est initialement la plus […] simple à mettre en place (une chaise suffit !).

La manière classique consiste à faire venir un pair à côté de soi et relire ensemble le code produit à la recherche d’erreurs ou d’oublis techniques comme fonctionnels. Ensuite, de partager sur les améliorations possibles.

Son principal inconvénient reste son coût en temps effectif, tout comme les interruptions que le demandeur réalise auprès de ses collègues.

Chez Soft’it, nous avons pris la décision de ne pas nécessairement impliquer le demandeur dans la revue de code. Le temps est provisionné et c’est à chacun de vérifier ce que les autres ont envoyé. Si besoin, le relecteur fera une remarque directement ou validera simplement le code produit.

Du côté d’Agnès Haasser, les « pull requests » de Git se sont avérés être la meilleure réponse aux besoins de son équipe. Le principe est le même : soumettre son code à la validation des pairs de manière asynchrone. Ce qu’ils ont rajouté est une surcouche de sécurité : préserver la branche master de toute erreur éventuelle. De plus, tous les devs peuvent participer et/ou suivre cette relecture de code, réduisant drastiquement le bus factor.

Une autre pratique pouvant remplacer la revue de code est le pair programming. On place ici aussi 2 développeurs face à une même machine. La revue de code a lieu en même temps que le développement.

Seulement, ce type de mise en place est coûteuse en temps si les développements ne sont faits que de cette manière. Notre choix interne a été de ne l’utiliser que dans trois cas très précis : l’arrivée de nouvelles personnes dans l’équipe, la découverte de nouvelles technologies ou langages et enfin le développement de parties complexes et/ou critiques. Dans le premier cas, le nouvel arrivant participe à la production tout en apprenant. Et nous avons un filet de sécurité en cas de soucis. Ce filet existera également dans le deuxième cas, tout en apportant un recul aux développeurs qui s’émuleront mutuellement. Dans le dernier, l’intérêt est assez évident : deux paires d’yeux valent mieux qu’une. Et si la fonctionnalité est trop complexe, revenir sur le code de quelqu’un peut s’avérer compliqué et finalement faire perdre plus de temps que d’en gagner.

Même si de manière générale le pair programming implique qu’un des développeurs s’occupe du code de production et l’autre des tests, on peut coupler tests et vérification.

 

Le testing, justement. S’il est considéré comme obligatoire chez certains (c’est notre cas chez Soft’it), il ne l’est pas nécessairement d’après messieurs Wajsberg et Ricaud. Ou du moins dès le début.

La décision prise chez Mozilla est de ne pas rendre obligatoire les tests à la création d’une classe. Mais une fois que la première brique est posée, il ne doit plus y avoir de développement sans test.

Pourquoi ce choix ? Parce qu’il est parfois compliqué de définir un premier test concluant lorsque l’on commence à développer une nouvelle fonctionnalité.

Travailler en TDD rendrait évidemment cette règle absurde. Mais cette pratique n’est pas si évidente à mettre en place : certaines architectures, utilisant des ORMs par exemple, rendent l’utilisation de doublures de tests trop lourdes pour être réellement efficaces. On se tournera alors vers des tests d’intégration (qui arrivent plus tard dans le cycle de développement) afin de valider les cas d’utilisation.

Alors quand commencer à tester ?

Lorsque votre architecture le permet. Et elle le pourra toujours très tôt. Lorsqu’il est intéressant de tester également (le faire sur les getters et setters n’a pas d’intérêt en soi). Plus les tests commencent tard, plus il est compliqué de commencer (quel sera le premier test ? Dois-je revenir sur ce qui n’a pas encore été testé ?). 

Leur présence offre un filet de sécurité à l’équipe. Techniquement d’abord : en cas de besoin de refactoring ou de reprise de code par un autre développeur. Ils sécurisent la modification : si on casse quelque chose, on le sait très tôt.
Fonctionnellement, écrire des tests correspondant au cheminement d’un user donnera une meilleure confiance dans le produit terminé. Notamment lors de corrections de bugs. Idéalement, un ou plusieurs tests devront valider la correction, scelleront sa correction et serviront de gardiens face aux régressions.

 

Enfin, l’intégration continue. Le nom du produit varie, mais l’intérêt et l’implémentation restent les mêmes : s’assurer qu’à tout moment, on ne livre pas un produit cassé aux clients.
La solution est modulable : vous pouvez limiter son utilisation à une machine de build, les développeurs sont alors assurés que les fichiers disponibles sur le repository ne sont pas à même de les empêcher de travailler. Exécuter les tests automatiques (unitaires et d’intégration), voire utiliser un analyseur de code (FxCop, NDepend, …) afin de sécuriser les règles de développement. 

Si les pratiques se retrouvent souvent dans les organisations, leurs applications diffèrent parfois très fortement. L’intention est la même : sécuriser les développements et les développeurs. Mais comme dans toute équipe, les besoins et contraintes ne sont jamais les mêmes. Et suivant ces contraintes, chacun doit plier plus ou moins chaque principe ou philosophie. Il se peut que vous arriviez dans une équipe et que certaines de leurs pratiques, notions ou terminologies vous semblent étranges, voire contre-productives. Mais gardez en tête qu’ils ont peut-être des contraintes très fortes qui ne leur permettent pas d’appliquer à la lettre les bonnes pratiques.

Comprenez vos besoins et ceux de l’équipe avant d’amener une réponse toute faite. Prenez en compte leurs peurs, limites et attentes et apportez-leur les pratiques qui leur conviennent.
C’est là le fondement même de l’agilité, utilisez des canevas de solutions plutôt que de vous baser sur celles que vous avez pu connaître avant.

[Témoignage] Voluntis : Comment passer du WebForms au MVC sans risque : ASP.NET MVC & Testing

Suite à notre récente formation sur le passage de l’ASP.NET WebForms à l’ASP.NET MVC en exploitant le testing, notre client, Erwan de Cadoudal (Team leader chez Voluntis [éditeur de logiciels dans le domaine médical], et demandeur de cette formation), a eu l’amabilité de répondre à nos questions.

Soft’it – Quelles sont vos motivations à l’origine de ce besoin de formation MVC et Testing MVC ?

E. de Cadoudal : « Voluntis met en œuvre des applications médicales dont le code peut présenter un risque pour les patients. Par exemple nos solutions mettent en œuvre des algorithmes médicaux complexes qui permettent d’aider le patient dans sa décision thérapeutique.

Les solutions de Voluntis sont au carrefour du numérique et du thérapeutique. Dans ce contexte, MVC nous parait une solution moderne et efficace pour des déploiements dans de multiples contextes d’usage, depuis le smartphone du patient jusqu’à l’écran du médecin. Par ailleurs nous sommes convaincus que l’approche MVC et les tests unitaires sont des solutions aujourd’hui très efficaces et très pertinentes pour développer rapidement des solutions industrialisées dans le contexte très réglementé des dispositifs médicaux. »

Soft’it – De quelle manière Soft’it y a répondu ? Qu’est-ce qui vous a plu dans la réponse de Soft’it à votre besoin ?

E. de Cadoudal : « L’approche de Soft’it nous a convaincu car le plan proposé a été était fait sur mesure avec une prise en compte de nos besoins et de nos équipes. La décision de suivre la formation dans nos locaux pour un nombre significatif de développeurs a été déterminante.
De plus certains exemples illustrant les exercices étaient proches de notre métier et nous parlaient bien. Par exemple pour nous il est plus clair de parler de liste de patients que de liste de bons de commande. Bien que cette session nous a paru un peu trop concentrée, chacun d’entre nous est reparti avec bases communes et des exemples concrets : du code et des présentations.

Nous avons également pu apprécier le dynamisme, l’expertise et le professionnalisme des équipes de formation, qui ont permis de conserver un bon rythme et de faciliter des échanges constructifs, et ont été des facteurs clés du succès des formations que nous avons suivies.« 

Soft’it – Quels sont les résultats et/ou quelle dynamique cette approche a-t-elle amené ?

E. de Cadoudal : « L’intégration des patterns « MVC », initiés par nos équipes de R&D en 2014, devient le modèle de référence pour les nouveaux projets de Voluntis. La formation nous a permis de mieux appréhender cette technologie et ses impacts sur notre méthodologie de travail.

En parallèle, nous travaillons en étroite collaboration avec nos équipes de tests et validation pour augmenter la couverture de notre code par du test unitaire. Nous anticipons que l’automatisation de ceux-ci, couplée à nos méthodologies Agile, nous permettra de réduire significativement notre investissement de tests tout en améliorant la qualité de nos produits. »

Soft’it – Nous recommanderiez-vous ? Comptez-vous refaire appel à nous ?

E. de Cadoudal : « Seulement une partie des développeurs a suivi la formation, nous comptons remonter une session identique à la précédente.
L’approche de Soft’it a été la bonne dans notre contexte et je recommande la formule pour des équipes techniques qui travaillent sur un framework partagé avec les développeurs. »

 

Un grand merci à Erwan pour ces réponses et ce feedback positif. L’équipe ayant suivie la formation a par ailleurs donné un 4/4 au ROTI pour Marien et Rémi !

L’équipe Soft’it se plie donc en quatre pour vous fournir les meilleures formations adaptées à vos besoins.
Contactez-nous si vous souhaitez avoir plus de renseignements.

[Formation] Comment passer du WebForms au MVC sans risque : ASP.NET MVC & Testing

L’ASP.NET MVC est la technologie web .NET depuis plusieurs années maintenant. Cette plateforme nous permet de mieux maîtriser le rendu HTML, le découplage métier/interface et surtout le testing.

Voici donc 2 sujets bien connus de l’équipe et qui tiennent à cœur à Soft’it : les applications web (ASP.NET MVC) et la qualité (testing).

Un de nos clients, Voluntis (éditeur de logiciels dans le domaine médical), a eu une problématique que grand nombre de sociétés rencontrent actuellement : comment passer de l’ASP.NET WebForms à l’ASP.NET MVC sans régression, et sans impacter les utilisateurs.

Même si une application WebForms fonctionne correctement depuis des années, il y a un moment où la dette technique devient un frein aux améliorations et vous coûte plus cher que les évolutions ne peuvent vous apporter.
Nous l’avons constaté avec tous nos clients, il est nécessaire de toujours prendre le temps de rester « aux goûts du jour » afin d’être en mesure de toujours proposer des nouveautés, et surtout de ne pas décourager vos développeurs en travaillant sur des technos « moins sexy ».

L’un des gros avantages du MVC est la facilité à appliquer du test sur la plupart des couches de votre application (Modèle, Contrôleur, voire Vue). Pourquoi ne pas utiliser cet avantage précis pour migrer sans risque ?!

formation-mvc-voluntisC’est sur cette base que nous avons construit une formation sur-mesure pour 10 développeurs/architectes de chez Voluntis :

  • jour 1 : introduction à l’ASP.NET MVC et aux bonnes pratiques, puis exemples de passage du WebForms au MVC
  • jour 2 : introduction à la notion de testing et comment tester une application MVC

La pratique étant le meilleur moyen d’apprendre, chaque jour fut composé en moyenne de 40% d’atelier !

Pour remplir cette mission, nous avons envoyé 2 membres de l’équipe Soft’it :

Marien Monnier
Rémi Lesieur-Bridel

Le résultat : une formation sur-mesure calée aux besoins de Voluntis, un travail exemplaire de Marien et Rémi, une équipe très satisfaite (4/4 au ROTI pour tout le monde) et un client ravi :

De plus, Erwan de Cadoudal (Team leader chez Voluntis, et demandeur de cette formation), nous a fait un témoignage très positif.

Si vous souhaitez faire une formation technique et/ou qualité sur-mesure, contactez-nous.

[Formation] Testing et TDD en Java…

Un des membres de l’équipe Soft’it – Rémi Lesieur pour ne pas le nommer – a réalisé lundi et mardi dernier une formation Testing/TDD à destination d’une équipe expérimentée en Java, pour une division de l’Armée française.

L’objectif de la formation était double: présenter ce qu’est le testing et la TDD (philosophie et théorie), tout en démontrant l’intérêt ainsi que le gain de temps et de la qualité.
Eh oui, c’est souvent difficile en tant que développeur de se dire qu’écrire du code pour tester du code, ça revient à gagner du temps! C’est pourtant bien le cas.

Rémi a donc abordé la logique du testing d’une manière générale en démontrant que ce n’est pas parce qu’on teste à la main, que notre code est bon et surtout pérenne (régressions non visibles).
Puis il a présenté les différents types de tests (unitaires/intégration), ainsi que la notion de mocking (voir « Dummy, Fake, Stub, Mock et Spy, les tests unitaires avec l’aide de Moq.« ).

Pour finalement attaquer le testing dans l’eXtreme Programming (XP) : le Test Driven Development (TDD).

Au total, 2 jours pour 10 développeurs/lead-techs mélangeant théorie et beaucoup de pratiques sous forme de Katas, en pair programming.

Un bon succès puisque 7 personnes sur 10 ont donné la note de 5/5, et les 3 restantes, 4/5. La formation construite sur mesure par Rémi a donc visé juste.

Si vous êtes intéressé par des formations et/ou du coaching sur du testing (et tout autre outil/méthodologie autour de la qualité), dites-le nous!